Balai Aquatique au Mozambique

PLAGELe minibus démarre dans un bruit de ferraille et dans la chaleur étouffante d’un début d’après-midi du mois de décembre. Nous avons quitté la route nationale 1 et arrivons dans la ville d’Inhambane à plus de 500 kilomètres au nord Maputo, la capitale du Mozambique.

C’est ici que Vasco de Gama s’arrêta le 10 janvier 1498 pour se réapprovisionner, il apprécia immédiatement les lieux et ses habitants qui la nomma « Terra de Boa Gente » « la terre des bonnes personnes »…

Abritée par la baie du même nom, Inhambane me charme par ses vieilles bâtisses et ces quelques rues dignes d’une époque révolue. Des enfants se baignant dans la baie sous les yeux bienveillants des vendeuses de maïs grillés, non loin du marché central, les locaux se retrouvent dehors pour jouer aux dames ou pour quelques parties de billard. En passant par l’église, on entend des enfants répéter une procession et une scène de la nativité, ici le Mozambique m’apparaît comme un pays calme loin des tumultes des voyageurs pressés. On ne croise très peu de touristes et je suis bien le seul et à me fondre dans les rues sans que l’on me vienne me déranger. Au bureau de poste, c’est encore le guichetier qui se charge pour vous de coller à l’aide d’une petite pâte liquide vos timbres. « Ma carte postale mettra un mois pour parvenir jusqu’à Paris. ». Inhambane marche lentement, voilà à quoi ressemble cette Afrique très méconnue dont on ne parle jamais et où le voyageur intrépide devient l’heureux connaisseur d’une Afrique aux saveurs portugaises et aux paysages vierges.

JEUNE FEME

De retour au marché central, je deviens la cible des chauffeurs de minibus pour me conduire jusqu’au petit village de Tofo. Tofo est en revanche est un petit paradis pour  occidentaux ; il y fait chaud mais le vent marin rafraîchit. Les moustiques ont l’air d’avoir déserté les lieux certainement dû au vent qui ne s’arrête jamais. Tofo représente bien la côté du Mozambique, une côte vierge, sans gros hôtels aux environs. Une plage de 6 kilomètres de long s’offre à moi et presque rien qu’à moi. Durant mon jogging matinal, je ne croise uniquement que quelques pêcheurs et seulement une ou deux promeneurs. Le pied !

Entre l’océan Indien et les palmiers se penchant au grès du vent, les seules activités sont le farmiente, le surf ou kite-surf et la plongée sous-marine. D’ailleurs tous les touristes occidentaux venus jusqu’ici n’ont qu’une seule idée en tête ; s’approcher au plus près des plus gros et des plus majestueux spécimens d’animaux marins (les raies-manta et les requins-baleine) car ici nous sommes à la Mecque pour observer ces deux extraordinaires qui passent près de la côte au mois de décembre. 

Il y a de la vie sous ces eaux me dit Fermando, le gardien de ma guesthouse. Il pointe le large tout en me passant ses jumelles de l’autre main, dans les opercules je vois très nettement le jet et le dos d’une baleine à bosse. C’est une retardataire m’indique Fermando, à cette époque de l’année elles ne nagent plus aussi près de nos côtes. Tu as de la chance me dit-il avec un sourire éclatant.

VAGUE

Au petit matin, la mélodie continue des vagues vient me chatouiller les oreilles au moment même où la lumière du soleil m’oblige à entrouvrir les yeux. Un rapide coup d’œil à mon montre : « déjà 5h00 ! » mais le spectacle est grandiose. Je fixe l’horizon d’où une magnifique couleur orange apparaît peu à peu au loin, alors que des silhouettes vont et viennent sur la plage. Les habitants se préparent pour une nouvelle journée tandis que tout à l’heure, je prendrai le large à bord d’un zodiac et verrai pour ma toute première fois, le plus gros poisson des océans, un requin-baleine qui m’effleurera à moins de deux mètres. Je resterai stoïque devant ce géant des mers qui fait surface pour se nourrir sans que ma présence ne vienne le déranger.

By Benoît Ndjanjdo

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