Le Japon sur les chemins de Kumano

C’est par la douce mélodie d’une petite rivière que j’ouvre les yeux. Peu à peu, je m’extrais du futon de ma chambre. Je rejoins Koji, le neveu du propriétaire, dans la salle à manger pour mon petit déjeuner. Nous reparlons de notre longue conversation d’hier soir, assis autour de l‘irori, ce foyer traditionnel qui jadis au Japon servait à chauffer la maison et essentiellement à cuisiner…

Depuis trois heures, je suis en marche vers Nachi en empruntant les anciens chemins de pèlerinage de Kumano Kodo. Classés au patrimoine mondial de l’UNESCO, ces chemins ont vu défiler depuis 1 000 ans des Japonais de toutes classes sociales venus se purifier et visiter les trois sanctuaires sacrés de Kumano. Aujourd’hui, il est possible de faire de petites promenades voire même des randonnées de plusieurs jours en s’arrêtant dans les auberges traditionnelles. (Ne ratez surtout pas un bon bain chaud dans l’une des nombreuses sources thermales,  indispensable à la relaxation après avoir marché des heures dans les montagnes !)

Je suis dans la péninsule de Kii, dans la préfecture de Wakayama, au sud-est de la ville d’Osaka. Ici dans ce Japon de « l’envers », je touche du doigt le Japon authentique, préservé du tourisme de masse, invitant à la méditation et au respect de cette nature si belle qu’elle me paraît sortie tout droit d’un film de Hayao Miyazaki.

Je parcours les derniers kilomètres de mon « pèlerinage »…Ici, loin de tout, je reçois systématiquement un bon accueil des locaux. Lorsque je passe dans les petits villages, j’ai l’impression d’apparaître dans le film de Nobuhiro Yamashita « A gentle breeze in the village », où le temps semble s’être suspendu. Les chemins pavés traversent la forêt, où les grands séquoias me transportent hors du temps. Les rayons du soleil transpercent les arbres et viennent éclairer les feuilles mortes tombées sur les pavés. Et en arrière-plan, derrière les montagnes, j’aperçois l’océan Pacifique qui vient se mêler au ciel… Cette nature m’offre un voyage fantastique…

J’arrive enfin à Nachi, c’est ici que coule la plus grande chute d’eau du Japon (133m) et le Grand Sanctuaire de Kumano Nachi Taisha. Un moment gravé car plus tard, dans la ville la plus proche, Kii Katsuura, je me lierai d’amitié avec un groupe de jeunes gens qui m’inviteront à les suivre jusqu’à Yumomine pour se baigner dans un onsen. Yumomine est très connu au Japon car le village abrite la source de Tsuboyu, classée au patrimoine mondial de l’UNESCO, une source d’eau chaude qui s’invite jusque dans le lit de la rivière …

 Je décide de quitter la région par le meilleur moyen de transport – Le Kuroshio – le train permettant de relier Kii Katsuura à Osaka, un trajet qui vous offre un spectacle de paysages à en couper le souffle… Le train dispose de grandes baies vitrées laissant au voyageur tout le plaisir d’admirer l’océan, les ports de pêches et de petits villages nichés au cœur de la baie, à l’abri du vent. La voie ferrée suit de près la côte escarpée, si proche par moment que l’on pourrait croire que l’écume vient chatouiller les rails.

 Je descends du train à la préfecture de Wakayma pour une occasion ultime de rencontrer le Japon que je recherche, sous un angle différent, avec un peu plus de spiritualité et surtout de prendre le temps d’écouter ce que la nature a à nous offrir…

By Benoit N.

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