Longtemps j’ai rêvé du Japon…

Entrée-du-temple-Senso-Ji-TokyoLongtemps j’ai rêvé du Japon comme d’un pays inaccessible à tous les niveaux et quand j’évoquais ce voyage au long cours il me revenait une formule souvent employée par ceux qui avaient tenté d’y aller « trop loin, trop cher, trop compliqué ». Cette envie de Japon, cela faisait 20 ans qu’elle me tenait alors quand en mars 2014 je décide de m’y intéresser je me demande – à juste titre – si l’expérience nippone sera à la hauteur de mes attentes.

Mon voyage commence par une belle journée de septembre dans une capitale qui n’est pas celle que l’on croit. Non, Tokyo n’est pas seulement une ville frénétique, polluée, dopée aux buildings et aux néons criards. Tokyo est bien plus que cela. Il suffit de se promener dans le quartier d’Asakusa, d’emprunter le soir venu l’allée des lampions menant au sanctuaire Senso-ji pour retrouver l’ambiance d’un Japon unique, populaire et vivant. Il suffit de croiser une mariée marchant à petits pas, habillée d’un shiromuku (une succession de kimonos blancs ornés de grues et de lys) au sanctuaire shintoïste Meiji-jigu où tout n’est que silence et recueillement puis de passer le pont et plonger dans Harajuku, une des artères les plus folles de Tokyo pleine de bruits et de cosplayers ou encore d’arpenter les sentiers du jardin Rikugi-en, voir les érables devenir feu, les ginkgo se couvrir d’or, il suffit de parcourir lentement les ruelles calmes du quartier de Yanaka pour comprendre à quel point les japonais ont réussi à concilier leurs traditions tout en vivant au cœur de la modernité.

Après Tokyo, un train Shinkansen (leur train grande vitesse et grand confort) me mène à Kanazawa, Takayama, villes moyennes possédant de magnifiques quartiers anciens, maisons de bois, de thé et de geishas. Pour quelques yens, on peut les visiter, s’asseoir sur un tatami autour de l’irori (brasero) et déguster un matcha mousseux au goût d’herbes fraîches. Et puis, plus haut dans les montagnes, le début des Alpes japonaises, on peut tenter l’expérience d’un bain dans un onsen. Après avoir déposé au vestiaire son yucata (kimono de coton), chacun muni d’une petite serviette se lave soigneusement avant de pénétrer dans la source chaude qui dépasse souvent les 40 degrés. Dans les villages classés Unesco de Shirakawa-go et Gokayama, il est possible de dormir sous le toit pentu d’une gassho-zukuri (maison traditionnelle dont la toiture est en paille de riz), de s’allonger sur un futon à même les tatamis et de se régaler d’une cuisine kaiseki, une succession de petits plats dont la beauté formelle atteint parfois le niveau d’une œuvre d’art.

pavillon-d'or-KyotoAu Japon, toutes les routes mènent à Kyoto ; une vie ne suffirait pas à voir toutes les merveilles que l’ancienne capitale recèle. Temples bouddhistes, sanctuaires shintoïstes, jardins de paradis, de thé, ou sec communément appelés zen car – par une composition abstraite faite de pierres et de graviers – les maîtres jardiniers figurent l’esprit de la nature et le rapport intime que chaque japonais entretient avec elle. Et puis parmi ses trésors, il y en a un, bien qu’envahi de touristes et de japonais visitant leur pays, qui mérite d’être contemplé à sa juste valeur : le temple d’or ou Kinkaku-ji. Il trône au milieu d’un jardin, sa lumière dorée éclaire le lac à ses pieds. Reconstruit après l’incendie volontaire d’un moine fou en 1950 dont l’auteur Mishima tirera son plus célèbre livre, le pavillon d’or respire la perfection et l’harmonie.

Pour finir, stop à Osaka. Rien à faire ici pensez-vous. Et bien justement non et surtout si vous prenez les services d’un accompagnateur connaissant la ville et ses moindres recoins étonnants ; ce qui vous fera dire qu’Osaka n’est pas seulement une grande ville dingue à l’image de son célèbre carrefour de Dotonbori (aussi dingue que celui de Shibuya à Tokyo) mais une ville qui souvent ressemble à un grand village.

Mais toutes ces beautés ne seraient rien sans la présence d’un peuple qui a su élever le vivre ensemble à son plus haut niveau de civilisation. Aucun papier dans les rues, pas de tags sur les murs, pas de trottoirs défoncés, de voitures cabossées et surtout pas de sonnerie de téléphone portable dans le métro, le train, le bus. Partout des sourires, de l’amabilité, de l’attention, de la diligence, de la promptitude, de l’efficacité, de l’enthousiasme même en vous servant un verre d’eau et du respect pour tous et toutes choses.

Non je n’ai pas rêvé.
Ce pays existe vraiment.
C’est le Japon.
Et c’est la première fois que je quitte un territoire avec un pincement au cœur et la promesse d’y revenir. Vite.

Béatrice M

 

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Un Commentaire
  1. Oriane dit :

    merci pour ce bel article qui donne envie de s’envoler immédiatement pour ce magnifique pays !

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