Un nouveau jour commence en Afrique, sur les sentiers du Kilimanddjaro…

1462971_10153593825345647_640366584_nCela fait maintenant quatre jours que j’ai quitté le confort moderne pour venir chatouiller les nuages, sur les pentes du Kilimandjaro. Quatre jours coupé du reste du monde, enfin presque, mon cuisinier a apporté une radio et me donne le matin, les dernières actualités.
Pendant l’ascension, j’ai eu tout le loisir d’observer les différents climats de la montagne. Sa forêt dense et humide où chantent les oiseaux sur les branches des arbres qui se balancent au grès des bonds des colobes guéréza (primates à queue blanche) qui observent avec attention notre groupe progressant dans cette épaisse forêt.
A l’approche des 3 000 mètres d’altitude, la forêt pluviale s’arrête pour laisser place à des arbustes et aux quelques plantes pouvant résister au climat montagneux. Le sentier devient de temps à autre un pierrier, lorsque nous effleurons les gigantesques masses rocheuses du volcan.
Puis, il y a surtout les séneçons géants, ces plantes gigantesques si typique du Kilimandjaro. On en compte par milliers autour du canyon du Barranco que nous empruntons par l’un des bords.
Puis, vient le Barranco, véritable muraille verticale d’une centaine de mètres.
téléchargementJe ressens toute la beauté et la force du volcan, au milieu de ces séneçons géants qui pour moi semblent appartenir à un autre âge. Au pied de la muraille de pierre, je me sens loin de tout et la ville de Moshi, brillant dans la nuit, me paraît insignifiante.

Au cinquième jour, nous commençons la dernière partie de l’ascension qui se fait de nuit. Au réveil, les cailloux scintillent du fait du gel, le camp de base est à 4 600 mètres d’altitude rien que ça !
Devant moi, les lampes frontales des randonneurs dessinent un serpent de lumière sur le flanc de la montagne et les étoiles tapissent littéralement le ciel.
imagesJe grimpe sous la lune qui éclaire nos pas, en silence, buvant régulièrement pour éviter le mal d’altitude. La pente est bien plus raide que les autres , ajouté à l’altitude, cela devient un calvaire. J’avance petit pas par petit pas, inexorablement vers le sommet.
Je me retrouve alors nez à nez avec le sommet du Kilimandjaro. Jackson, le jeune porteur qui nous accompagne avec Daniel mon guide, doit malheureusement nous quitter. Le souffle court, il n’a pas assez de force pour continuer et descends prudemment sur les conseils de Daniel.
L’altitude commence à me jouer des tours, je suis fatigué et je tiens difficilement sur mes jambes.

1157720_4014141049076_1748054794_nJ’ai envie d’arrêter quand nous arrivons à Stellar Point à 5 739 mètres. Là un magnifique et énorme cratère me tend les bras…je ne sais plus si c’est ce paysage apaisant ou l’altitude qui me coupe le souffle. Après une bonne pause, je repars avec Daniel qui me prend sous mon bras gauche lorsque je vacille trop. Le sentier longeant le cratère est une petite pente douce. Je plante un doigt dans les neiges éternelles au passage pour enfin arriver devant le panneau du sommet qui me félicite de mon ascension.

Ca y est, je suis sur le toit de l’Afrique. 5 895 mètres d’altitude. Au-dessus des nuages, je surplombe le continent. Derrière moi, le soleil commence à pointer au travers de l’océan nuageux.
Rapidement le voilà sortir des nuages. Je respire à fond, me tourne vers le sud, ferme les yeux et imagine que sous mes pieds s’étend l’Afrique dans toute sa diversité. Aux premiers rayons du matin, Daniel me prend en photo pour la postérité. Il est temps de redescendre maintenant car il n’est pas conseillé de rester longtemps à une telle altitude. Je jette un dernier regard sur le glacier, le cratère et sur le soleil du matin….Un nouveau jour commence en Afrique.

Benoît N.

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